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Plaidoyer pour une victoire sans concession de l’opposition togolaise aux élections présidentielles du 24 Avril 2005 : l’exigence d’un duo Akitani-Péré ?

Posted on 23 mars 2005 by Gilou Wisdom Gbeassor

Nous observons, depuis la démission de Faure Gnassingbé, les premiers pas balbutiants de l’opposition togolaise pour affronter l’appareil politico-militaire du Parti-Etat RPT durant les prochaines élections Présidentielles du 24 avril 2005. La question qui se pose aujourd’hui est une équation simple dont la réponse n’est pas évidente pour les observateurs de la tumultueuse vie politique togolaise : L’alternance politique est-elle possible au Togo ?

I/ De l’opposition des préalables à l’opposition des consentements tacites

S’il y a un fondement historique à l’action menée par l’opposition traditionnelle (et non radicale) des six partis regroupés au sein de la coalition de l’opposition, c’est la marque des conditions préalables à tout : dialogue mouvementé avec le pouvoir en place, exigences procédurières à la préparation et à la participation aux élections, refus d’exercer le pouvoir partagé avec une dictature sanglante : C’est ceux qui ont dit NON ! Pour les forces du changement, le coup de force de Faure Gnassingbé aura été une aubaine politique dont finalement ses leaders ont tiré peu de profit : Les exigences du retour à la légalité constitutionnelle complète sont abandonnées, et le pouvoir en place n’a fait aucune concession sur la nécessité d’un accord politique définissant un cadre politique structuré pour faciliter la transition et organiser des élections ouvertes à tous : Gilchrist Olympio vaudrait bien à lui tout seul, cet attribut TOUS. Cela s’appelle de la Real Politique, même si on se refuse à négocier un minimum de protection (la participation des forces impartiales de la CEDEAO par exemple) pour garantir la sécurité des leaders de l’opposition durant la campagne électorale qui s’annonce plus difficile que prévue à l’intérieur du pays. Les déplacements sont donc réduits au strict minimum vital pour Gilchrist Olympio : un petit tour et puis s’en va ! Pour des raisons évidentes de sécurité.

Pire encore, l’opposition togolaise se rebiffe et confie l’organisation des élections au gouvernement des putschistes, dans la continuité du Parti-Etat RPT qui doit organiser les élections pour les perdre ! Il sera difficile de trouver sur le continent africain, des dictatures en charge d’organiser des élections transparentes, et quitter le pouvoir sans aucun réflexe de conservation ou de survie.

II/ Un échiquier politique tendu et obtus pour la partition des démocraties molles

L’échiquier politique togolais est tendu et il ne fait pas bon vivre d’être au centre, quand les forces du conservatisme et du changement s’affrontent, mal ! La frange dite modérée de l’opposition est assimilée à tort ou à raison, à ceux qui ont dit oui à tout, à force de concession et de compromission non dénués d’arrière pensée. Pour la plupart d’entre eux, la raison unique de cette proximité avec le pouvoir du défunt Eyadema est de se faire ou se refaire une santé financière fragilisée par 12 ans de luttes infructueuses. En somme, les hommes de pouvoir n’aiment pas l’opposition. Edem Kodjo et Zarifou Ayeva sont sans doute dans une posture délicate, pour des leaders qui historiquement, incarnaient le changement progressif (discutable malgré tout) au sein de l’opposition togolaise. En dénonçant, non pas dans le fond, la désignation du candidat de l’opposition traditionnelle Bob Akitani, crédité d’un score honorable aux dernières élections de 2003, les démocrates du centre, Dahuku Péré inclus, s’isolent d’avantage dans un entêtement imbécile à jouer une partition totalement incompréhensible tout en évitant soigneusement se rapprocher définitivement du RPT.

Ce grand écart de l’opposition dite modérée (un non-sens politique de taille) est une profonde aberration .Les discours sur la méthode de ses leaders sont aussi creux que pompeux quand ils dénoncent maladroitement l’autoritarisme de l’UFC, comparé sobrement à la dictature du RPT. Entre deux chaises, les amitiés d’hier et la tentation de la compromission aujourd’hui, ils préfèrent ne pas s’asseoir tout simplement. Ce qu’ils se gardent bien d’expliquer, c’est la règle de la majorité évidente qui s’applique et s’impose à tous au sein de la coalition, par opposition justement à la dictature des minorités qu’ils ont imposée par le passé. Il ne peut en être autrement aujourd’hui, lorsqu’on se rappelle le zèle des minoritaires (Ex UTD devenu subitement parti charnière du Togo) à signer une alliance contre-nature avec le RPT, juste pour un poste éphémère de Premier Ministre. Les Togolais n’ont pas la mémoire courte. L’opposition majoritaire non plus !

III/ Vers une candidature Unique de l’Opposition togolaise plurielle : pour une stratégie inclusive et non exclusive

La coalition des six partis de l’opposition est une première étape déjà dépassée, compte tenu des enjeux à venir, et nous sommes préoccupés pour plusieurs raisons.

Nous sommes préoccupés de constater que Bob Akitani n’a pas encore pris la dimension internationale que sa stature de chef de l’opposition lui confère. Les relations internationales ont un sens et leurs exigences ne peuvent souffrir d’aucun impair. Le bon sens voudrait un déplacement logique au minimum auprès des pays frontaliers et des puissances régionales africaines.

Nous sommes préoccupés de constater que le sentiment d’exclusion des uns et des autres, prend le pas sur la volonté de rassembler et d’unir l’opposition togolaise dans son ensemble. Le simple fait pour Léopold Gnininvi de ne pas avoir participé à un meeting a suffi pour le rendre suspicieux et mettre en émois les partisans de l’UFC.

Nous sommes préoccupés de constater que le temps est maintenant compté pour l’opposition traditionnelle qui doit faire un pas décisif vers les autres forces de l’opposition. Il en est de même pour les transfuges du RPT qui ont un rôle crucial à jouer qu’on le veuille ou non, dans ces moments délicats. Ils ont pris un risque considérable dans les conditions qui ne sont pas simples, et leur opposition au RPT ne doit pas être négligée ou mésestimée. Ils ne doivent en aucun cas, rejoindre le parti qu’ils ont combattu ces dernières années.

L’objectif de notre démarche est évidemment simple et compréhensible : la stratégie de conquête ne peut être exclusive mais inclusive, ouverte à tous, pour enlever définitivement toute chance au RPT, même dans son rêve fou et insensé de conserver le pouvoir à tout prix.

Que l’on ne nous explique pas de manière procédurière, qui doit faire le premier pas ou le dernier. Les échos du Togo profond sont suffisamment préoccupants pour s’affranchir des débats de pure forme sur l’opportunité d’un tel rapprochement. Il appartient au leader désigné de l’opposition, Bob Akitani de rassembler, d’unir et de fédérer, dans une démarche volontaire, toutes les forces démocratiques avec un seul mot d’ordre : tourner définitivement les pages sombres de la dictature du RPT et ouvrir une nouvelle ère pour les forces démocratiques du changement.

Peut-on accepter le rôle perturbateur passif ou d’engagement volontaire de Dahuku Péré ?

Ce rôle perturbateur consiste à encourager Péré à se présenter aux élections présidentielles, compte tenu de son agacement suite à la réunion de Libreville où il lui est conseillé de ne pas polluer la campagne de Faure Gnassingbé en échange de sa réhabilitation politique. Sa participation enlèvera aux putschistes l’illusion de faire le plein dans les fiefs traditionnels du RPT, étant entendu que sa fibre de rénovateur passera d’avantage que la l’excitation de la succession héréditaire des Gnassingbé. C’est un bon compromis. Le second rôle prendra la forme d’un engagement fort de Péré en faisant campagne pour la victoire de l’opposition togolaise.

Et pourquoi pas finalement, un duo exécutif Akitani-Péré ? Président et Premier Ministrable. J’entends déjà des oreilles siffler, mais n’ayons pas peur des mots ni des idées… Bob Akitani étant désigné comme candidat unique de l’opposition pour la présidentielle, il sera, nous le souhaitons, élu avec une majorité confortable. Dahuku Péré pourrait avoir la charge de la primature transitoire pour accomplir les réformes de l’État dans toutes ses composantes, moderniser les institutions et créer les conditions définitives d’instauration de la démocratie au Togo.

Il faut donner de la visibilité à tous et rassurer : Afficher clairement la couleur en présentant le ticket gagnant des élections et de l’exécutif futur (Président et Premier Ministrabl ) est un précédent historique qui sera inscrit dans les lettres de noblesses de la démocratie Africaine.

Le message pour nos populations sera très clair et favorablement perçu par tous. Nous sommes convaincus que la victoire dépend étroitement de la mise en place effective d’une stratégie inclusive regroupant l’ensemble de l’opposition togolaise.

Notre message est sans ambiguïté : la coalition des six partis de l’opposition est une première étape déjà dépassée, compte tenu des enjeux à venir. Elle doit céder la place à un mouvement plus large, incluant toutes les sensibilités de l’opposition sans exclusive. L’opposition togolaise doit se regrouper au sein d’un nouveau mouvement; l’Union des Forces du Changement Démocratique (UFCD) ou l’Union des Forces Démocratiques pour le Changement (UFDC). C’est selon !

Alors la victoire sera sans concession, y compris dans les fiefs les plus reculés du RPT qui doit subir une défaite cinglante le 24 avril prochain. Et nous célèbrerons notre indépendance le 27 avril 2005, dans la dignité retrouvée.

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La tentation de la Dictature Héréditaire au Togo : Autopsie de l’échec annoncé d’un coup d’État militaire prémédité !

Posted on 11 février 2005 by Gilou Wisdom Gbeassor

1. La tentation du Putsch permanent et le précédant de la succession héréditaire

Quelques heures seulement après l’annonce du décès brutal du Président de la République Gnassingbé Eyadema le samedi 05 février 2005, les 5 millions de Togolais éberlués découvrent celui qui décide de présider à leur destin : Faure Gnassingbé, président auto-proclamé du Togo, entouré des généraux des FAT.

A la télévision, certains ont pu imaginer qu’il s’agissait d’un film d’horreur qui devait s’interrompre en changeant de chaine. Ils découvrent qu’il ne s’agissait pas d’une fiction mais d’une réalité qu’ils devraient subir à vie en attendant le prochain successeur, peut-être le petit fils si la tradition de putschiste héréditaire est bien respectée au Togo.

Le scénario est à peine croyable : la succession au sommet de l’État s’est réglée entre Gnassingbé en conseil de famille, puis dans une minuscule salle mal éclairée avec l’armée, en dépit du bon sens et au mépris des règles constitutionnelles ; au nez et à la barbe des Togolais et de la communauté internationale. Circulez ! il n’y a rien à voir !

1-1. L’héritage assumé de la dictature militaire

La brutalité et la concomitance des évènements montrent que le scénario était préparé de longue date et exécuté dans la pure tradition des putschistes attitrés de l’armée. On se rappelle l’irruption brutale des FAT à la télévision durant la Conférence Nationale Souveraine et du coup de force perpétré contre le Gouvernement Koffigoh 1 durant la transition. Le pouvoir d’Eyadema laissé en héritage à son fils, reposait sur trois piliers :

Le premier, c’est la violence d’État. C’est du machiavélisme pur et dur jusqu’à la négation de la vie humaine qui a finalement peu de prix. L’exemple des uns massacrés lors des manifestations de contestation servira aux autres. Peut-on s’étonner du peu d’enthousiasme affiché par la population meurtrie par 42 années de dictature qui se résigne à observer des journées villes mortes ?

La propagande est le second fondement du pouvoir en place. Les médias d’État verrouillés incarnent la démagogie, la désinformation et le mensonge systématique, avec pour objectif principal l’abrutissement des masses populaires.

La corruption, troisième pilier du pouvoir, est la règle de fonctionnement à tous les échelons de la République, y compris pour acheter le silence assourdissant des adversaires politiques.

A priori, rien n’a changé depuis le samedi 05 février 2005 pour l’armée et le RPT. Gnassingbé remplace Gnassingbé, le prénom importe peu finalement. Au fond, les déclarations de Faure Gnassingbé sont sans ambiguïté : il poursuivra la politique de son père, politique marquée par des coups d’État permanents contre les institutions, les assassinats ciblés des citoyens, la torture, le népotisme, la violence extrême et le viol des consciences collectives et nationales.

Il n’y a pas une seule famille au Togo qui n’ait été victime de l’arbitraire du pouvoir assassin du RPT Parti-État, parti sanglant dont les méthodes sont dénoncés par ses plus hauts responsables aujourd’hui en rupture de ban volontaire ou contraints par l’ignominie des pratiques d’un autre age.

Les plus sanguinaires agents de répression s’étonnent qu’il n’y ait pas déjà eu depuis le début des évènements, n’est-ce pas, un massacre de la population civile pour dissuader à l’avenir ceux qui croient et qui persistent à croire que la liberté et la démocratie sont encore possibles sur la terre de nos aïeux.

1-2. L’inspiration mal comprise des Kabila

Faure Gnassingbe était fortement programmé pour succéder à feu Etienne Eyadema. L’exemple de référence est celui des Kabila en janvier 2001 en RDC. Les FAT se sont inspirées de l’intronisation de Joseph Kabila pour commettre la forfaiture, à charge ensuite aux politiques de constitutionnaliser le putsch en y ajoutant l’habillage légal taillé sur mesure pour le successeur d’Eyadema.

La similitude n’est pas neutre : La République Démocratique du Congo était bel et bien représentée à l’investiture du président putschiste : La caution en valait la peine. La ressemblance s’arrête toutefois là : la stratégie est une pâle copie mal orchestrée.

Les desseins de Joseph Kabila n’ont rien à voir avec les ambitions de mégalomanie affichées par le Pouvoir togolais. Laurent Désiré Kabila était à la tête d’un pays en guerre avec ses voisins. L’armée togolaise n’a jamais combattu personne, si ce n’est ses ennemis internes ou considérés comme tels, c’est à dire la population civile qui manifeste à main nue pour réclamer un peu plus de liberté et de démocratie. Les Africains ne sont pas mûrs pour la démocratie promise à la Baule par François Mitterrand. Ils sont peut-être matures pour supporter 40 ans de dictatures sanglantes..

1-3. La France aux chevets des bébés dictateurs !

La France a une responsabilité évidente dans la crise qui secoue le Togo, et Jacques Chirac ne peut nier sa responsabilité personnelle à plusieurs égards.

En effet, l’ancienne puissance coloniale du Togo, après avoir apporté un soutien sans faille à Eyadema, continue de soutenir les bourreaux du régime en place. Les troupes françaises sont bien présentes et pré-positionnées à Lomé !

Comment peut-on imaginer un seul instant avec les moyens militaires dont dispose l’armée française, que les frontières aériennes puissent être fermées sans l’aval des militaires français stationnés sur cet aéroport ? Si la vie des ressortissants français était menacée, les frontières pourraient-elles rester fermées ? On peut en douter.

Mais lorsque l’objectif inavoué était manifestement d’empêcher le retour à l’aéroport de Lomé (contrôlé par les troupes françaises) de l’avion du Président de l’Assemblée nationale, Président de la République de fait pour assurer l’intérim, ça coince ! Mr Natchaba, devenu persona non grata et craignant pour sa sécurité, s’est mu depuis dans un silence incompréhensible au Bénin voisin et ne peut plus prétendre assurer l’intérim au terme de l’article 65 de la Constitution.

L’attitude de Jacques Chirac est plus que troublante, voire complice, en déclarant avoir perdu «un ami personnel» en réaction à la mort d’Eyadema. Ce message a été interprété à Lomé comme un encouragement codé à ses héritiers. L’aide apportée par le «mystérieux constitutionaliste» qui se réclamait de l’Elysée pour parachever la modification de la loi fondamentale devrait garantir la pérennisation du Coup d’État militaire.

L’infantilisation des rapports de la France avec l’Afrique est inacceptable. Les relations étatiques ne sont pas des relations amoureuses. S’il ne peut s’en priver, Jacques Chirac doit mieux choisir ses amis lorsqu’il engage la responsabilité de la France. On s’inquiètera de ce que pense le nouveau président de l’UMP, Nicolas Sarkosy de ce soutien aux dictateurs Africains.

Les propos tenus le 09 février à l’Assemblée Nationale par le ministre de la Coopération pour juger à l’acte le nouveau pouvoir, sont une profonde aberration que nous ne commenterons pas. Le ministre français de la Coopération, Xavier Darcos, a en effet «entendu Faure Gnassingbé dire qu’il souhaitait très rapidement organiser des élections libres et démocratiques». «Nous allons vérifier si ces promesses sont tenues». Nous ne voulons pas de ça, Mr Darcos. Nous n’acceptons votre caution à la présidence de fait au Togo.

Le Président de la République Jacques Chirac doit rompre la coopération militaire de la France avec le Togo. Cette décision sans aucune conséquence pour les populations, doit permettre de mettre un terme à l’assistance militaire (armes, munitions, formation et encadrement) dont bénéficient les putschistes de l’armée togolaise. C’est un minimum !

Une action en justice en France doit être également envisagée contre le prétendu constitutionaliste Marcel Debbasch, comme ce fut le cas pour le député Didier Julia pour «mise en danger volontaire et délibérée de la vie de nos concitoyens».

2. La démocratie des Brutes

Au mépris des règles constitutionnelles, le coup d’État militaire au Togo surprend les observateurs non avisés, à la fois par le contexte dans lequel il se produit (silence radio sur les obsèques du président défunt) et par sa brutalité (3 coups d’états en 24h).

2-1. Putschistes de père en fils : un précédent gravissime

L’histoire retiendra que le Togo s’est déjà illustré en 1963 par le premier coup d’État en Afrique noire avec l’assassinat de Syvanus Olympio, père de l’indépendance et de la nation togolaise, par Gnassingbe Eyadema. La communauté internationale découvre également la brutalité et les méthodes expéditives utilisées par son fils pour imposer la dictature héréditaire au Togo. C’est un précédent gravissime dans l’histoire des nations modernes.

Être président de père en fils n’est pas le vrai souci (cf. WBush). Ce qui est en cause, c’est que le monde découvre qu’on peut être putschistes de père en fils et imposer à un peuple une dynastie de présidents à vie sans limitation de pouvoir (la nouvelle constitution ne prévoit pas de limitation de mandat). Présidence qui peut d’ailleurs être alternée par un autre membre de la famille, pourvu qu’on le décide en conseil de famille avec la caution des cousins de l’armée.

Le Togo n’est la propriété de personne, encore moins des Gnassingbé, et la terre de nos aïeux appartient à tous les Togolais qui veulent et doivent librement choisir leur dirigeants.

L’entourage immédiat du nouveau putschiste laisse entendre qu’il n’a pas choisi de devenir Président. Pourquoi diable a-t-il accepté ? Par quel mystère du Saint-Esprit ne veut-il plus partir ? Comment peut-on expliquer les modifications et tripatouillages de la loi fondamentale et du code électoral, notamment sur les conditions d’éligibilité taillées sur mesure pour empêcher les adversaires de briguer le mandat présidentiel et préparer sa succession à Eyadema ? On peut citer entre autres, l’age de la candidature ramené à 35 ans au lieu de 45, pas de limitation de mandat (prélude à la présidence à vie), critère de résidence (Gilcrhist Olympio, incompatibilité du mandat de député avec la profession exercée (Yawovi Agboyibor), etc.

Toutes ces manœuvres ont été orchestrées par Eyadema en prélude à la mascarade électorale à venir. La vie en a décidé autrement !

2-2. Du balbutiement à l’enlisement du pouvoir insolent

De l’état de plaisanterie de mauvais goût à la stupeur générale, les Togolais et la communauté internationale découvrent le vrai visage du putschiste. En somme, il n’a rien de différent par rapport aux autres putschistes : justification du coup d’état par la nécessité de préserver l’unité nationale, élections semi-transparentes pour les scrutins secondaires et certainement pas présidentielles (avant 2008), dialogue avec l’opposition choisie, enrichissement rapide assuré pour les siens ! Ce qui est nouveau, c’est la succession incroyable d’erreurs commises, une compile de gamelles, de bourdes et de gaffes qui prouvent que tout en étant préparé, le pouvoir perd le nord et la stratégie adoptée relève plus de la stupidité que de l’intelligence que l’on voudrait nous faire croire.

Sur le plan Interne :
La stratégie est simple. Il fallait faire vite et prendre tout le monde de court. Faure Gnassigné pensait que la mise en scène orchestrée par le Premier Ministre pour annoncer, d’une voix faussement émue, la disparition du chef de l’État, allait provoquer une réelle compassion au sein de la population. L’état de grâce observé par la tradition de deuil dans nos coutumes n’a pas eu lieu et le désaveu est cinglant !
Dans la succession des évènements, la précipitation a pris le pas sur la vitesse. Les faucons du régime se mordent déjà les doigts de ne pas avoir réuni l’assemblée nationale pour modifier les textes avant de passer à la télévision le message pathétique de leur allégeance et regrettent sa diffusion à la télévision. Le terme «confié le pouvoir» prononcé (spontanément) avec zèle par le chef d’état major de l’armée lui vaudrait bien quelques ennuis. On aurait préféré que l’armée exprime simplement sa compassion à la famille éplorée suite à la disparition brutale du chef de l’État. La tranquillité apparente de la population a été assimilée, à tort, à de l’indifférence face au coup d’État. C’est le calme annonciateur d’un Tsunami politique pour les jours et semaines à venir !
Le retrait du Président déchu de l’Assemblée Nationale, craignant à juste titre pour sa vie et qui préfère se réfugier au Bénin, est un casse tête pour le pouvoir. De fait, Faure Gnassingbé cumule les fonctions de putschiste président de la République et de l’Assemblée Nationale (une charge dont il veut bien se débarrasser maintenant que le ver est entré dans le fruit).

Sur le plan international
On estime dans l’entourage du pouvoir, avoir été piégé par la France qui avait donné l’impression de cautionner le coup de force avant de changer progressivement d’avis vu la tournure des évènements.
Le mépris affiché par la junte putschiste à l’endroit de la communauté internationale est une épreuve de force et se révèle suicidaire. Gnassingbé Eyadema savait au moins comment s’y prendre avec la communauté internationale. Il avait deux visages ! Un regard tourné vers l’étranger (la France en particulier) avec une agitation diplomatique dans la sous région ouest africaine et se faisait passer pour un faiseur de paix (en encourageant les jeunes putschistes) sous le regard bienveillant de la France.
L’autre visage, réservé à ses concitoyens, est celui du tyran protecteur des siens, qui accepte volontiers d’être craint en foulant au pied les droits de l’homme.
Le nouveau pouvoir auto-proclamé a réussi l’exploit de se mettre à dos la population togolaise et la communauté internationale.

2-3. Faure Gnassingbé ne tiendra pas et doit quitter le Pouvoir !

L’expérience du Togo est un cas d’école qui ne doit pas faire recette. Pour les Togolais, c’est leur avenir qui est définitivement confisqué et hypothéqué par un clan, et pour rien au monde, ils n’accepteront ce coup d’État. L’union sacrée est de mise au sein de l’opposition. La révolte se profile à l’horizon dans toutes les couches et le raz-le-bol s’exprimera avec une ampleur inégalée.

Pour le RPT, la dernière carte a été jouée dans l’allocution télévisée de Faure Gnassingbé dans son message de putschiste à la nation. Les députés réalisent qu’après avoir prolongé le mandat personnel du Président auto-proclamé jusqu’en 2008, celui-ci vient de mettre un terme au leur : Ils sont en sursis pour 2 mois maximum.

Les députés ne se font plus d’illusions depuis l’annonce de dissolution de l’assemblée nationale (toujours pas faite).Ceux qui rêvaient d’exécuter leur mandat comme celui taillé sur mesure pour le président putschiste, en sont pour leur frais. Le soutien indéfectible n’est plus de rigueur et le retour à la vie normale s’annonce terrible pour un grand nombre.

Au sein des forces armées, le soutien inconditionnel et l’unité de façade n’est plus. Eyadema était plus craint que respecté dans l’armée. Il est mort (ils commencent à le réaliser) et Faure Gnassingbé n’est pas militaire (il n’inspire aucune crainte aux jeunes officiers de l’armée). Les généraux apparatchiks des FAT ont tout à craindre de ces jeunes officiers sur l’évolution de la situation au regard de la condamnation unanime du Coup d’État. Le retour de bâton peut être terrible.

Sur le plan International, le tollé unanime provoqué par le putsch du 05 févier2005 au Togo est sans commune mesure avec les réactions habituelles de la communauté internationale, parce que les faits sont graves ! Passé l’étape de l’émotion liée à la disparition d’un de leur pair, les chefs d’états africains réalisent que son successeur de fils instaure la dynastie des présidents putschistes héréditaires.

Le contexte du Togo est en plus particulier. Depuis 15 ans, les sanctions internationales subies par la population en raison de l’entêtement du pouvoir ont rendu la souffrance intenable pour 5 millions de Togolais traumatisés par 42 ans de dictature sanglante. La déstabilisation du Togo marquera l’embrasement définitif de la sous région ouest africaine. C’est la raison pour laquelle les messages de condamnation et de fermeté sont unanimes avec des sanctions à la clé (politiques et personnelles pour les dignitaires du régime).

Les chefs d’états de la Cedeao réunis le mercredi 09 février à Niamey, parmi lesquels tous les voisins limitrophes du Togo (la précisons est de taille) dénoncent le Coup d’État militaire et refusent de reconnaître le pouvoir du président putschiste autoproclamé et réclament le rétablissement de l’ordre constitutionnel au Togo. Cette position de fermeté est reprise par l’ensemble des pays et des organisations internationales qui ont aujourd’hui décidé d’arrêter une position commune sur la qualification de «Coup d’État militaire au Togo». Les conséquences seront terribles pour le pouvoir en place.

Que restera t-il de ce cet épisode macabre de tentation de dictature héréditaire au Togo ?

Au fond, Faure Gnassingbé cherche à gagner du temps. Les deux mois de deuil national décrété avec interdiction de manifester sont destinés à assoir le pouvoir du nouveau régime. C’est raté ! Peut-il en être autrement d’ailleurs ? Quel est le sens de la trêve politique décrété par le ministre de l’intérieur, alors que même le RPT ne s’est pas privé après le décès du Président de la République, de poser ces actes anticonstitutionnels avec la complicité de l’armée : 3 coups d’état en 24h ? C’est un record.

L’heure est grave et les jours à venir seront décisifs pour l’avenir du Togo. La seule solution possible pour ne pas perdre la face, est d’accepter le retour à la légalité constitutionnelle que tout le monde réclame. Le ministre de la Communication, Pitang Tchalla, nous fait penser au Ministre de la communication de Sadam Hussein aux derniers jours de la fin de son règne. Au nom des siens, il refuse l’idée même qu’il s’agit d’un coup d’État militaire au Togo. Allez ! Avec un peu d’effort, vous allez finir par l’admettre. Faure Gnassingbe peut bien déclarer : «Je n’ai pas pris le pouvoir. C’est l’armée qui me l’a confié. J’ai décidé de le rendre au Peuple togolais» ! Allez, avec un peu de mauvaise foi, vous devez y arriver !

Un véritable Tsunami politique se profile à l’horizon au Togo : Libérez le pouvoir !

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Elections Présidentielles du 1er Juin 2003 : Le Togo au cœur des ténèbres, entre la présidence du Chaos et le gouvernement virtuel des opposants

Posted on 11 juin 2003 by Gilou Wisdom Gbeassor

Les résultats des élections présidentielles du 1er juin 2003 sont officiels : le Président sortant est réélu pour 5 ans au nez et à la barbe de tous. Dans les consciences collectives aujourd’hui, la seule évocation du Togo inspire deux réactions contrastées : fascination et inquiétude.
Ce petit bout de territoire de 56000 km2 coincé comme une touche de piano entre le Bénin et le Ghana est devenu au bout de moins d’un demi-siècle d’indépendance une icône atypique et singulière sur la scène politique africaine. En effet, le Togo n’est pas au bout de ses paradoxes. Précurseur des coups d’État sanglants sur le continent noir, il s’est érigé en plaque tournante de résolution des conflits armés pour des protagonistes qui aspirent à accéder au pouvoir dans les même conditions en prêchant la paix et la fin des guerres civiles en Afrique dont pourtant sa population est menacée régulièrement par le régime dans ses allocutions.

L’alternance politique est elle possible au Togo et à quel prix ? C’est l’inéluctable et sempiternelle question qui se pose de façon lancinante depuis 30 années. Pour les historiens, tous les peuples méritent les gouvernants qu’ils ont. Les opposants au régime se sont tour à tour retrouvés à un moment factuel, dans la posture du successeur légitime, sauveur d’une nation qui panse mal ses plaies.
Le constat que l’on peut faire au sortir des élections présidentielles du 1er juin est une tragédie affligeante : Notre pays, le Togo se trouve à nouveau plongé au cœur des ténèbres par les « putains de la république »* pour 5 ans !(Christine Deviers-Joncour)

1. Le coup de force permanent dans l’indifférence générale

Ce qui caractérise le mieux la fin de règne d’un pouvoir totalitaire, c’est l’instinct de survie. Les convulsions répétées du régime sonnent hélas comme le prélude à une déchéance certaine d’un système rigide qui ne tient que parce que son géniteur de président fondateur dispose de la main mise totale sur tous les bras de levier de la république. Abstraction faite de la volonté de se maintenir à vie au pouvoir, il n’y a aucune justification possible de cette dictature imposée.
Dans les coulisses du pouvoir, des experts étaient à pied d’œuvre depuis plusieurs années pour affiner leurs stratégies autour d’une idée simple : faire en sorte que le pouvoir ne vacille pas.

Puisque les résultats étaient fixés à l’avance, l’appareil politico-sécuritaire devra s’assurer de cette victoire annoncée dans le respect des formalismes et des procédures qui tranchent avec l’amateurisme du holdup up électoral de 98. De toute façon il ne faut s’attendre à rien de mieux. Le message est clair : on ne change pas une équipe qui gagne ! (peu importe la manière, y compris avec un maximum de ridicule).
La fascination de ce pouvoir pour les incultes, c’est l’incroyable indifférence dans laquelle se sont opérés ces coups de force répétés et la léthargie hibernale des togolais sans que l’on ne ressente une émotion particulière dans les chancelleries occidentales.
On ne peut craindre non plus une action violente au sommet du pouvoir car dans tous les pays en conflit ouvert sur le continent africain, l’environnement économique est favorable à l’émergence d’une forme de rébellion quand les bandes armées peuvent s’enrichir et piller les ressources pendant que l’on s’évertue à expliquer pourquoi les saigneurs de la guerre et du pillage sont des forces patriotiques.

Heureusement pour nous, dirions-nous, le Togo est riche, riche de 5 millions de pauvres ! Merci Eyadema ! Cela n’intéresse pas les faiseurs de conflits par procuration.
Au fond, ce pays souffre de son pacifisme béat enfoui dans la conscience individuelle de chacun dont profite à outrance l’appareil politico-répressif. Eyadema n’est pas intemporel et cette énorme parenthèse finira par se refermer.
C’est l’espérance tragique, « Elavo, Élava vo » reprise en cœur par la population lors des soubresauts de manifestations hostiles régulièrement réprimées dans le sang et l’horreur.

2. Le temps du mépris ou l’Union des Forces de n’importe quoi !

Nous observons une littérature abondante sur la victoire supposée de l’opposition lors des élections contestées au demeurant. Dans les sphères intellectuelles et populaires, des critiques de plus en plus acerbes résonnent sur la stratégie suicidaire de l’opposition.
On pouvait craindre le pire sachant que la pléthore de partis politiques d’opposition dont la représentativité est plus que douteuse, sinon limitée à la force de conviction de leur président, n’ont pas présenté de candidat.
Dans une démocratie avancée, l’objectif de tout parti politique est de se soumettre au verdict des urnes pour gagner et appliquer son programme. On ne peut donc vous le reprocher.
D’ailleurs, qui peut se plaindre aujourd’hui de la richesse des leaders de l’opposition et la diversité des candidatures en son sein alors qu’il n’est pas concevable, dans le Togo d’en face, de penser autre chose que ce que décide le guide au front éclairé bien aimé ?
Non ! Ce qui est en cause c’est l’incroyable gâchis de la volonté populaire des citoyens qui pensaient que leurs leaders finiront par mettre en sourdine les divergences qu’on ne cache plus pour se mettre d’accord sur les conditions minimales de l’alternance.
Ce qui est cause c’est le mépris dans lequel se sont exprimés les divergences et les ambitions personnelles des uns et des autres sans prendre en compte le message assourdissant des militants de la base.
Non ! ce qui est en cause c’est la planification, puis l’exécution affligeante de cette stratégie suicidaire qui consista à se présenter aux élections en rangs dispersés puis isolés en accusant les uns et les autres d’être responsables de l’échec de la stratégie unitaire, si l’on est pas porté soi-même au pouvoir.
Enfin, accepter de se présenter à plusieurs dans les conditions électorales d’un scrutin uninominal à un tour unique, puis se maintenir malgré une campagne décevante plombée à l’avance, c’est totalement incompréhensible et inconcevable pour les citoyens que nous sommes.

Le Togo n’est pas une démocratie avancée encore moins une simple démocratie. Tout bêtement messieurs les opposants sexagénaires, Vous vous êtes trompés sans doute d’enjeux et d’époque. Vous avez jugez opportun de jouer votre dernière carte ? (un retrait de la politique se prépare pour certains) sous la forme d’un baroud d’honneur avant de passer le témoin sans avoir su transformer l’essai de la victoire qui vous a tendu les bras à chaque élection. Pire encore, vous avez oublié l’essentiel : Une élection se prépare dans l’adversité avec des idées, un programme, une stratégie claire, un appareil politique et du bon sens !
L’improvisation folklorique, la popularité spontanée du moment ne font pas un programme d’adhésion de masse, d’alternance et de gouvernement. Les exemples sont multiples : Laïcité bafouée en faisant campagne la bible à la main avec des références aux paroles saintes dans les communiqués officiels. Imaginer une seconde la campagne d’un présidentiable qui s’appuie sur le coran sans se faire traiter d’intégriste fanatique islamique par les temps qui courent ?
Vos engagements de payer les salaires ne pouvaient représenter non plus un programme de gouvernement. Que les salariés perçoivent le salaire qui leur est dû, après des mois de travail éprouvant dans des conditions à la limite de la démence, c’est un minimum.
Vous avez oublié l’essentiel et vos projets pour l’avenir sont stupéfiants d’inquiétudes pour ceux qui en ont !

3. La présidence virtuelle par l’absurde

Et demain le Togo ? Cela devrait plaire comme sujet de réflexion pour une table ronde dans les milieux intellectuels de Paris.
Les uns, défaitistes, se positionnent dans le rôle d’un Premier Ministrable en rêvant d’un Marcoussis préventif. Cela ne devra pas changer grand chose. Il s’agira, si tel était le cas d’un retour aux sources du parti État. Cette proposition a été déjà faite par le Président sortant avant même le déroulement des élections sous la forme d’un gouvernement d’union nationale, étant donné que la victoire était acquise et indiscutable. Allez ! un peu d’audace et le parti charnière de l’opposition nous proposera le grand pardon, puis la réconciliation tant attendue ; n’en déplaise aux autres leaders de l’opposition puisqu’on est le meilleur d’entre eux.
Les autres, tout en refusant de s’arroger la victoire, se retrouvent au fond dans une logique de grand écart qui consiste à reconnaitre la victoire d’un des leurs sans associer ses militants à une action de contestation ouverte. On estime que le jeu ne vaut pas la chandelle. Puisqu’il n’y aura aucune retombée pour soi, on n‘est pas concerné. Il suffit d’admettre et de proclamer que son petit score est plus important que celui des autres.
Chacun se rassure comme il peut dans la défaite.
Ceux qui ont tout à perdre ne se font guère plus d’illusion ; Malgré le score honorable ou à l’africaine dont se réclament Maurice Péré ou Bob Akitani, il ne faut pas espérer une mobilisation qui n’a pas pu se faire pour Gilchrist Olympio, leader charismatique écarté du pouvoir sans ménagement sans que la rue ne se déchaine.
L’appel à la mobilisation n’aura pas l’effet escompté en face d’un pouvoir maitre dans la répression aveugle par l’utilisation de balles réelles lors des manifestations régulièrement réprimées dans le sang. Les togolais ne sont pas fous pour défendre la victoire supposée de ceux qui sont sensés les représenter mais qui les écoutent à peine !
Un gouvernement virtuel en exil, pour le principe, cela peut être utile à se maintenir en veille et nourrir l’espoir à condition d’avoir réellement la possibilité de se former à l’exercice gouvernemental sur des sujets sérieux et non à pondre des communiqués aussi incendiaires les uns que les autres sans se faire trop d’illusion sur la pertinence de ces idées et le peu d’ échos de ces propos au Togo et par-delà les frontières.
Que dire alors des déserteurs de l’armée qui se posent en libérateur du peuple ? Effroi et immoralité ! La seule évocation de leurs noms fait froid dans le dos par la manière dont ils se sont illustrés dans les actes sanguinaires qui les ont caractérisé.
Au fond, dans l’opposition tout porte à croire que l’on accepte volontiers sa propre défaite tant que l’un des siens ne prend le pouvoir. C’est effectivement difficile politiquement de mobiliser pour l’alternance et l’on manquera à l’évidence d’arguments tant il est inconfortable d’être dans la posture d’opposant dans l’opposition.

4. La voie unique de l’alternance : La fusion de tous les partis d’opposition !

Le terme « putain de la république » délibérément provocateur est utilisé au sens premier du terme pour qualifier les plus belles filles de la République. Doit-on jeter l’opprobre sur ceux qui prennent le risque aujourd’hui au prix de leur vie de mener le combat politique du changement parce que les ambitions personnelles sont pesantes au détriment de l’intérêt collectif ou parce que la stratégie adoptée n’était pas la bonne ?
Il ne faut pas se tromper de propos, ni de cible car l’essentiel est ailleurs !
Nous avons la conviction que les résultats quelle soit la stratégie de l’opposition, étaient figés à l’avance. En 98, la machine politico-militaire avait arrêté le décompte des voix pour proclamer les résultats par le ministère de l’intérieur. Certes, le travail en juin 2003 a été facilité en donnant des arguments, mais il ne pouvait pas en être autrement non plus si l’opposition avait gagné les élections en étant unie ou en rangs dispersés.
Que restera t-il de l’opposition Togolaise ?
Le chemin sera encore long et difficile. Aucun parti totalitaire n’a su résister au phénomène d’usure et de dislocation consécutive à la disparition de son président fondateur.
L’opposition de son coté aura déjà fait son deuil. Les grands partis savent tirer profit des échecs. Les rapprochements, l’union, les collectifs, les coordinations, les comités etc. Toutes ces modalités d’organisation n’ont pas atteint leur objectif d’instaurer la démocratie.
Nous sommes au regret de constater après ces échecs répétés que ces stratégies n’étaient pas les bonnes. En dehors de la volonté de chacun des leaders de constituer son pré carré et d’être Président de son parti il n’y a aucun sens ni de justification à l’existence tous ces partis d’opposition pléthoriques. Les hurlements de la rue finiront par vous imposer l’unique stratégie viable que tout le monde attend. Fusion ! Fusion ! Fusion !
Je vous demande, au nom du peuple togolais et dans l’intérêt suprême de la nation, même si vous vous méprisez cordialement, de convoquer une convention qui donnera naissance à la création d’un Seul Grand Parti de l’opposition Togolaise.
Vous avez la responsabilité historique de fusionner les partis qui se réclament de l’opposition, les états majors, pour donner la visibilité et la lisibilité à nos citoyens.
C’est un préalable incontournable. L’avenir vous jugera !

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Elections législatives anticipées au Togo : un consensus politique troublant…

Posted on 12 août 2002 by Gilou Wisdom Gbeassor

Les annonces à répétition de l’organisation des élections législatives anticipées, dont le débat et les échéances sont toujours recommencés et jamais achevés, sont un signe politique fort inquiétant d’un nouvel enlisement annoncé du processus démocratique au Togo.
Je m’interroge sur l’opportunité et la portée de ces élections législatives anticipées, la volonté réelle ou supposée des dirigeants, l’empressement et l’unanimité désormais affichés de la classe politique togolaise.
Au travers des conditions absurdes posées en préalable à l’organisation, apparait en filigrane une stratégie évidente de report voire de rejet de ces consultations électorales somme toute inéluctables à terme.

1. Le consensus du non-choix et de l’immobilisme

Les togolais manifestent à l’évidence une réelle volonté de participer aux élections pour répondre à une exigence de démocratie. Cette volonté d’être consulté, écouté et de pouvoir élire ses dirigeants, contraste avec les manœuvre l’opposition togolaise ne dispose d’aucun moyen crédible pour gouverner sans heurts, mais nécessairement avec le bon vouloir du régime Eyadema. Ses leaders ne se bousculent pas pour les urnes, évitant soigneusement la connivence que peuvent leur reprocher les militants s’ils acceptent l’usure d’une nouvelle cohabitation.

Le jeu des appareils politiques

Faute d’un accord global sur le fond, chacun des acteurs politiques multiplie les appels aux élections et en même temps les obstacles pour retarder le plus possible le saut fatal.
Pour le RPT, les raisons sont évidentes et compréhensibles.
La composition actuelle de l’assemblée monocolore qui lui est acquise est une véritable aubaine politique et financière pour les cadres du parti. Il s’agit pour l’essentiel de se refaire une santé mise à mal par la déroute du RPT dans les années 90 par la virulente contestation à laquelle elle n’était pas préparée. Aujourd’hui, dans tous les rouages de l’Etat (média, finances, sécurité, justice, société), la débandade a sonné.
La bataille de succession est engagée entre les réformateurs et les caciques du régime (tous manquent de charisme et d’envergure). Elle finira par ruiner les chances du RPT aux élections dont le parti sortira dans tous les cas affaibli.
Le RPT, comme d’ailleurs la plupart des partis Etats, ne survivra pas à son fondateur à force de se refuser la désignation d’ un successeur.

En ce qui concerne l’opposition togolaise, elle souffre à l’évidence d’un trop plein de dirigeants qui sont capables d’afficher à la fois leur unanimité béate sur le départ du chef de l’Etat puis, avec insolence, leur désaccord profond sur tout le reste.
A défaut de présenter un projet d’alternance cohérent et crédible, elle surfe sur la vague de contestation permanente du pouvoir par la population qui lui semble acquise. Ce rejet du système par des protestations régulières est assimilé à tort par l’opposition à une adhésion collective à ses idées.
Ses dirigeants sont divisés et calculateurs. Croire à un sursaut patriotique de toute la classe politique dans le contexte actuel, c’est faire preuve aujourd’hui d’une grande naïveté politique : les véritables enjeux sont ailleurs et le moment choisi n’est pas neutre !

2. Les stratégies à l’épreuve du cannibalisme électoral

L’élection présidentielle (faut-il le rappeler) a lieu bientôt en avril 2003. En dehors du risque de falsification des résultats, organiser les élections législatives anticipées à quelques mois de l’élection présidentielle est un non-sens politique de taille. Cette évidence, je l’espère, n’a pas échappé aux acteurs politiques majeurs de la crise togolaise.

Les élections anticipées : un sens !

L’histoire politique du Togo, faite de coups de force permanents incite à plus de retenue et de singularité. L’expérience a montré que les élections législatives n’entraînent pas à elles seules un bouleversement institutionnel susceptible de remettre en cause l’équilibre institutionnel La menace d’une nouvelle dissolution et donc d’une nouvelle élection plane sur le gouvernement issu de ces consultations étant entendu que le nouveau Président élu aura besoin d’une majorité cohérente, forte et soudée pour mener à bien son programme politique qui n’engage absolument pas le gouvernement le précédent dans ses fonctions.
Il faut rajouter au tableau la lassitude de la population à participer à une succession d’élections sans fin après une période relativement longue de non vote.
Cette situation inédite et contraire au bon sens engage nos hommes politiques à initier un dialogue urgent pour remettre le calendrier électoral à l’endroit

Un financement introuvable

Outre les raisons politiques et stratégiques sus- évoquées, une des clés de l’organisation des consultations réside dans la mobilisation de la communauté internationale en matière de financement.
La nouvelle donne politique togolaise avec un calendrier inédit aussi chargé qu’aberrant, nous fait penser que la question de la continuité ou du changement devra être tranchée en même temps.

Les raisons de la fusion des calendriers pour des élections simultanées : Cohérence institutionnelle et Clarté politique
Les raisons qui militent pour la simultanéité entre la date de l’élection présidentielle et des élections législatives sont nombreuses.
La première, la plus évidente sans doute, est qu’il n’y a aucun obstacle institutionnel à telle une démarche.
Sur le principe, cette proposition vise à préserver la cohérence du système institutionnel.
Le principal bénéfice sera la coïncidence des majorités, donc d’éviter à tout prix la cohabitation (un paradoxe institutionnel sur fond de nouvelle crise), dont personne ne saurait expliquer les bénéfices à nos populations, à part une copie saugrenue des institutions françaises. Il est souhaitable en effet que les résultats des élections confirment la cohésion du vote entre la majorité présidentielle et la majorité parlementaire qui reste la seule garantie aujourd’hui sous surveillance et au banc de touche par la communauté internationale. Cette crise politique n’a que trop duré et la lassitude hibernale dans laquelle le peuple togolais est plongé devra connaître son terme.
Si l’on exclu le risque de cohabitation évoqué plus haut, le seul enjeu véritable pour les électeurs togolais est de décider de leur avenir politique autour d’un enjeu crucial : alternance ou continuité ?
Vu sous cet angle, ces consultations auront un arrière goût de véritable plébiscite qui devra mobiliser les électeurs. Nous y trouvons un avantage considérable d’unification de la pléthore de partis politiques dont la représentativité est plus que douteuse.
La plupart se limitent à la force de conviction de leurs leaders sans véritable assise nationale pérenne. Ils ne survivront pas non plus à leurs fondateurs.

Les conditions de sortie de crise

Ma volonté n’est pas d’exposer ici (qui pourrait d’ailleurs le faire ?) un schéma évident de sortie de crise. Avec la sempiternelle question du maintien ou non du chef de l’Etat dans ses fonctions, que peut-on espérer de nouveau ?
Les débats électoraux sont d’une pauvreté affligeante. De l’audace et de la créativité pour déterminer les électeurs à choisir. Des pistes ? Il en existe ! Ethique, moralisation de la vie publique, éducation, lutte contre la corruption, la pauvreté, l’inégalité, la protection sociale, un programme économique de développement, les réformes de l’université, la santé, les libertés publiques dont la sécurité est la pierre angulaire pour répondre aux simples aspirations de nos populations.

La force de conviction, espoir, fondement et ciment de notre République tient en ces trois valeurs : TRAVAIL, LIBERTE, PATRIE.

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