1. Togolais sans frontières – Nous n’avons pas les mêmes droits si vous traversez la frontière !
« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Ce principe universel, édité dans l’article 1er de la DÉCLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN DE 1789 a-t-il un sens, un écho au sein de notre République lorsqu’il s’agit de la diaspora togolaise ?
Plus d’un million de nos citoyens vivent aujourd’hui à l’étranger. Beaucoup ont franchi la frontière à la recherche d’un espace de liberté tant la souffrance physique, psychologique et morale était devenue insupportable. D’autres sont contraints à l’exil forcé ou volontaire. Le reste séjourne à l’étranger pour des raisons économiques et personnelles. Tous sans exception sont privés de tout, des droits élémentaires dévolus à tout citoyen : le droit inaliénable de vote, de jouir de la faculté d’être électeur et éligible.
S’agissant du droit d’être éligible, l’Article 62 de notre constitution impose une résidence obligatoire sur le territoire au moins 12 mois avant les élections. La modification de la constitution de 1992 vise exclusivement les leaders politiques et d’opinion résidant à l’étranger. Cette discrimination n’est pas acceptable. Elle est indigne de la république moderne, accueillante, ouverte sur le monde que nous voulons construire et nous ne pouvons l’accepter. C’est la marque d’une politique d’exclusion voulue par le parti au pouvoir à laquelle s’est pliée l’opposition togolaise et les nombreux accords successifs n’ont rien changé. Le communiqué final de l’accord politique de Ouagadougou du 7 aout 2009 prévoyait que des aménagements soient apportés au Code Électoral afin d’assouplir les conditions d’éligibilité et permettre à tous les candidats potentiels de se présenter à la prochaine élection présidentielle. Ce n’est visiblement pas le cas, et ces aménagements ne sont pas une réponse à l’injustice profonde que subissent les Togolais de l’extérieur.
Sur les trois autres points de discussion, à savoir le régime politique, le mode de scrutin et la limitation du nombre de mandats présidentiels, il n’y a pas de réponse.
C’est la raison pour laquelle je demande à la classe politique togolaise de se ressaisir et d’engager sans délais l’abrogation pure et simple des dispositions discriminatoires contenues dans la loi fondamentale et dans les textes législatifs, dans le cadre des réformes politiques et institutionnelles sur lesquelles le pouvoir tergiverse !
S’agissant du droit d’électeur, il n’est pas concevable que les Togolais de l’extérieur soient privés d’exercer ce droit fondamental. La vraie raison, c’est le manque de volonté politique évidente, la crainte de ces citoyens lointains que l’on imagine différents et pas comme les autres.
Si je suis élu, le droit de vote des Togolais résidant à l’étranger sera instauré.
Je prendrai les dispositions nécessaires auprès des organismes et institutions financières et bancaires pour faire baisser les prix des transferts d’argent de la diaspora vers le Togo. Ces fonds contribuent souvent à venir en aide aux familles et participent au financement d’activités rémunératrices de revenu pour les populations qui en bénéficient.
2. Protéger et défendre nos citoyens par-delà les frontières
La prise en charge et la protection des Togolais de la diaspora est un droit fondamental.
Tous les Togolais doivent pouvoir trouver recours et assistance immédiate digne de ce nom auprès de nos consulats et ambassades. A chaque fois qu’un de nos concitoyens à l’étranger est victime d’arbitraire, de discrimination, d’injustice ou en situation de risque vital et sans protection, l’État Togolais a le devoir et l’obligation de lui venir en aide, d’assurer sa défense, pour que cessent les humiliations.
Les consulats et ambassades auront à charge d’identifier et de mener des actions concrètes pour sortir nos compatriotes de l’isolement, de la solitude et faire valoir les droits et devoirs de chacun pour leur intégration dans leur pays d’accueil ou de résidence. Le Président de la République sera le garant de cette ligne politique.
La violation des droits et de la dignité de nos compatriotes dans les cas les plus flagrants exigera la protestation officielle de la représentation nationale auprès des institutions des pays hôtes.
Enfin, je m’engage à prendre des dispositions idoines pour faciliter la libre circulation et le retour des Togolais résidant à l’étranger et à supprimer les formalités administratives inutiles imposées aux binationaux qui veulent rentrer au Togo malgré les attaches familiales.
3. Régler la question des réfugiés et des personnes déplacées
Je voudrais rappeler que sur le continent noir 22 Millions de personnes sont concernées. C’est un drame humain qui se joue sous nos yeux impassibles dû essentiellement à la famine, aux guerres et aux conflits politiques à caractère ethnique.
Beaucoup de nos compatriotes ont fuit le Togo pour se réfugier sous des cieux plus cléments en Occident. Malgré les efforts d’insertion, les conditions de vie et d’épanouissement sont difficiles. Ils se battent et sont préoccupés par les problèmes de sécurité, le sentiment d’impunité, la situation politique et socio-économique qui se dégrade de jour en jour. La meilleure réponse que nous pouvons leur apporter c’est la volonté de restaurer la confiance dans le cadre d’un processus de réconciliation nationale. Chaque citoyen a droit au respect de sa vie, de ses libertés fondamentales. Il faut que les Togolais de retour d’exil constatent de visu que notre pays a changé, qu’il fait preuve d’humanité pour encourager le retour de tous ses enfants.
Les Togolais réfugiés dans les pays limitrophes sont estimés à 4.500 au Bénin (dont plus de 3.000 au camp d’Agamé) et autour de 2.000-2.500 au Ghana. La simple existence de ces camps de réfugiés est une injure à notre conscience nationale. L’origine de leur crainte de retour se trouve dans le traumatisme subit lors des dernières élections présidentielles de 2005 doublé du sentiment d’impunité dont jouissent les auteurs des massacres, tant il est évident que leurs bourreaux ne sont pas inquiétés et sont passibles de repasser à l’acte.
Après les élections de 2010, je m’engage à fermer en urgence les camps de réfugiés togolais au Bénin et au Ghana. Justice sera faite aux victimes de ces violences avec la réparation par l’État des dommages et préjudices subis.
Les réfugiés seront pris en charge par l’État. Ils bénéficieront d’une protection civile appropriée et d’un plan d’aide d’urgence au retour à l’emploi et à l’éducation de leurs enfants.

