Dans notre pays, qui bénéficie de ressources abondantes en eau contrairement aux pays sahéliens, plus de 60% de la population togolaise n’a pas accès à l’eau potable, estime le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF). Dans le détail, l’UNICEF précise que ce taux est de 70% en zone rurale, 39% en zone urbaine et seulement 5% des ménages traitent l’eau qu’ils boivent.
Dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), le gouvernement a lancé un « ambitieux » programme prioritaire qui doit permettre à 50% de la population d’avoir accès à l’eau potable d’ici 2015 ! Dans cette perspective, le gouvernement nous propose la réforme du secteur de l’eau qui permettra de développer un véritable code de l’eau. En clair, à tous ceux qui ont soif (1 Togolais sur deux), le gouvernement propose le code de l’eau ! Voilà la réalité tragique à laquelle nous sommes confrontés. Le gouvernement a t-il pris la mesure de l’ampleur du drame humain qui se joue en face de nous sachant que la population togolaise va doubler d’ici quelques décennies ? Certainement pas.
Jusqu’en 2003, ces services étaient assurés par la Régie Nationale des Eaux du Togo (RNET). Après 2003, la responsabilité en a été transférée à la Société Togolaise des Eaux (TDE) où le rôle de l’État s’est considérablement réduit. La privatisation des services des eaux n’a pas servi à augmenter le nombre de clients raccordés au réseau de distribution, mais a entrainé une augmentation des prix pour les consommateurs. Pour faire face aux besoins croissants de la population, la TDE et la société des eaux du Ghana (GWC) viennent de conclure un accord et s’associent pour construire une usine de traitement et un pipeline qui permettra d’acheminer de l’eau potable du Ghana au Togo. Ce partenariat dénommé « Sogakope-Lomé Water Project » prévoit la livraison d’eau traitée depuis la rivière Volta. Les premières livraisons d’eau au Togo devraient débuter en 2012. Cette politique est la concrétisation du choix de la dépendance de notre pays dans un secteur aussi stratégique que vital vis-à-vis du Ghana comme ce fut le cas dans le domaine de l’énergie.
Il est fondamental d’avoir à l’esprit que l’accès à l’eau potable pour tous, c’est une question de survie pour nos populations, d’amélioration des conditions globales d’hygiène et de santé. Les pouvoirs publics doivent apporter des réponses concrètes rapidement.
Je m’engage à :
- Lancer un emprunt national d’envergure sur 5 ans avec pour objectif en 2015 de garantir l’accès à l’eau potable à 100% des Togolais résidant dans les zones urbaines, 80% en zone rurale.
- Améliorer les conditions d’investissement pour apporter les financements importants et moderniser le secteur afin que l’Etat reprenne sa place dans le capital social de la TDE qui sera adossée à un ou plusieurs groupes internationaux spécialisés dans l’approvisionnement, la gestion et le traitement de l’eau dans le respect de l’environnement.
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Créer une agence nationale de l’eau chargée de définir et de coordonner la politique générale de l’Etat dont les missions seront très claires :
- Mettre en place un Plan National d’Accès à l’Eau avec pour ambition de l’eau potable pour tous
- Créer des infrastructures hydrauliques adaptées en fonction des capacités locales et régionales
- Lancer un projet d‘assainissement dans les zones urbaines sur toute l étendue du territoire
- Maîtriser l’irrigation de nos cours d’eau pour l’agriculture
Nous considérons cet objectif comme une priorité nationale absolue et cela, nos citoyens le comprennent car il s’agit de ramener la vie dans chaque maison, dans chaque foyer et les bailleurs de fonds seront mis à contribution pour tenir nos engagements.

